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Elu député de la 4e circonscription de la Haute-Garonne, dimanche 18 juin 2017, Mickaël Nogal se confie sur son nouveau rôle et comment il entend peser à l’Assemblée nationale. (Article publié par Actu Toulouse

Dimanche 18 juin 2017, La République en Marche raflait neuf circonscriptions sur dix en Haute-Garonne à l’occasion des élections législatives. Une razzia à laquelle Mickaël Nogal a pris toute sa part.

À 26 ans, l’ancien membre du PS, qui avait été l’un des premiers en France à rejoindre Emmanuel Macron dans l’aventure En Marche !, fait partie des dix plus jeunes députés de France à avoir été élu. Sur la 4e circonscription (Saint-Cyprien, Mirail…), il a battu de peu Liem Hoang-Ngoc, l’économiste de Jean-Luc Mélenchon.

Mercredi 21 juin 2017, il faisait sa grande rentrée à l’Assemblée nationale. Le nouveau parlementaire a livré à Actu Toulouse ses impressions et sa feuille de route des cinq ans à venir, avant de siéger pour la première fois mardi 27 juin.

Actu Toulouse. Comment s’est déroulée votre découverte de l’Assemblée nationale ?

Mickaël Nogal. La rentrée des 577 parlementaires s’est organisée tout au long de la semaine (du 19 au 23 juin 2017, ndlr). Pour ma part, je me suis rendu à l’Assemblée nationale le mercredi 21 juin. Nous avons eu droit à tout un protocole avec l’accueil et les formalités pour remplir pleinement notre rôle. J’ai vu beaucoup de gens que je connaissais, déjà vu plusieurs ministres… C’est aussi beaucoup de changement pour les services de l’Assemblée nationale, qui n’ont jamais connu un tel renouvellement depuis 1958 !

A. T. Est-ce la première fois que vous côtoyez le Parlement ? N’avez-vous pas été impressionnés par la « machine » de l’Assemblée ou le decorum ?

M. N. J’ai déjà côtoyé l’Assemblée nationale à plusieurs reprises, comme ancien assistant de Christophe Borgel (député de la 9e circonscription de Haute-Garonne de 2012 à 2017, battu par la candidate La République en Marche Sandrine Mörch) et comme ancien chargé de communication pour les entreprises ou les parlementaires.

Là, c’est différent. Porter l’écharpe tricolore, ça fait quelque chose… Tous les matins avant de me rendre à l’Assemblée, je prendrai conscience de notre responsabilité dans ces lieux.

A. T. On associe souvent la jeunesse à l’inexpérience. Craignez-vous les lobbies, les groupes qui font pression sur les députés ?

M. N. Je suis passé par le privé, mais je connais bien aussi le fonctionnement institutionnel. Je n’ai pas d’appréhension, je sais que des pressions vont s’exercer de la part des ONG, de syndicats, du secteur privé… Tous les candidats La République en Marche qui avaient été investis aux élections législatives ont été retenus sur des entretiens poussés, où le degré d’indépendance était important.

A. T. Dans quels domaines souhaitez-vous vous investir tout particulièrement ?

M. N. Nous avons droit à trois vœux, comme au bac ! Pour ma part, je souhaite intégrer la Commission des Affaires économiques où sont abordés les sujets des entreprises, du logement, de la compétitivité, de l’agriculture, l’alimentation… Le programme sera chargé avec la loi de moralisation de la vie publique, la réforme du Code du Travail et les lois sur la sécurité.

En lien avec ma circonscription, je vais m’engager sur l’éducation, avec l’application des 12 élèves par classe pour les établissements classés REP (Réseau d’éducation prioritaire) dès la rentrée 2017, sur la sécurité et le retour de la police de proximité à Toulouse, sujet sur lequel je me suis entretenu avec le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, afin que Toulouse soit prioritaire, ainsi que sur le logement, avec la construction et le plan de rénovation urbaine.

A. T. Avez-vous défini le nombre d’assistants parlementaires qui vous accompagneront ?

M. N. Chaque député possède à sa disposition une enveloppe de 7 500 euros et nous pouvons employer de une à cinq personnes. J’ai choisi d’avoir un assistant à Paris, et deux à Toulouse. Mais je ne sais pas encore où j’installerai ma permanence.

A. T. Quel regard portez-vous sur la nomination de la Toulousaine Nicole Belloubet au ministère de la Justice ? L’avez-vous côtoyée lorsque vous étiez au Parti socialiste ?

M. N. Je la félicite, son arrivée au gouvernement est une bonne chose. Tout le monde connaît son expertise et sa connaissance des dossiers. Elle a été au PS, mais a décidé de se placer au-dessus pour dépasser les clivages et participer à cette ouverture. J’avais effectivement entendu son nom circuler. Elle fera une excellente Garde des Sceaux.