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Je publie aujourd’hui une tribune dans le journal Les Echos sur la crise au Vénézuela et l’attitude scandaleuse de la France Insoumise.

A l’heure où le Venezuela s’enfonce dans la crise, la communauté internationale a condamné d’une seule et même voix les agissements du président Nicolas Maduro et leurs conséquences pour le pays et ses 32 millions d’habitants.

Dans un climat de chaos, ce sont plus de 100 personnes qui ont perdu la vie lors d’affrontements au Venezuela, ces quatre derniers mois. En France, les élus de la France Insoumise, toujours prompts à se montrer sur le devant de la scène, restent volontairement discrets sur le sujet.

Je ne reviendrai pas sur les tweets élogieux de Jean-Luc Mélenchon en 2013, dans lesquels il affichait son soutien au nouveau président élu, Nicolas Maduro. Parce qu’en quatre ans, les opinions personnelles comme la situation économique ou politique d’un pays peuvent largement évoluer. Non, ce que je reproche à La France Insoumise, c’est son attitude aujourd’hui, en août 2017, où elle ferme délibérément les yeux sur le comportement de l’exécutif vénézuélien qui bafoue chaque jour les droits de l’homme et les libertés individuelles. Ces attaques étaient déjà dénoncées par l’association Human Rights Watch en 2014. La situation n’est donc pas nouvelle.

Ces derniers mois, les dérives se sont multipliées. La persécution politique, la mainmise du pouvoir exécutif sur le pouvoir judiciaire, l’expulsion de journalistes étrangers, les innombrables pénuries, sont désormais le lot quotidien du peuple vénézuélien.

Comment les élus de la France Insoumise peuvent-ils alors décemment nier la réalité et ne pas condamner l’attitude du président vénézuélien quand toutes les preuves sont devant leurs yeux ? Comment peuvent-ils décemment, comme l’a fait François Ruffin, maître ès donneur de leçons, se déresponsabiliser en affirmant, par exemple sur RMC, «le Venezuela,(…) je ne connais pas trop, je ne préfère pas en parler.» Eh bien voyons ! Nul besoin d’être un expert en géopolitique. L’homme de médias, que se targue d’être François Ruffin, n’aurait donc été alerté ni par la presse française, ni par la presse internationale, ni par l’analyse de personnalités reconnues sur la situation ? Je n’ose le croire.

Un représentant de la Nation ne peut se permettre une telle nonchalance voire un tel dédain. Cette neutralité – si l’on veut rester bienveillant – est incompréhensible au regard notamment de la nouvelle escalade de violences suite à l’élection de l’Assemblée constituante, non reconnue par la communauté internationale. Il apparaît nécessaire de rappeler que ce même dispositif législatif était au cœur du programme de Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle. Au fond, il est peut-être là le problème pour les Insoumis. Admettre que l’idéologie qui fait leur engagement depuis tant d’années montre ses limites et mène toute une société droit dans le mur.

Loin d’être une anecdote, cette triste et inquiétante actualité nous dévoile le vrai visage des Insoumis, celui de l’Indécence.

Mickaël Nogal
Député LREM de Haute-Garonne
Vice-président de la Commission des affaires économiques